Drag queen Patchouli : quand la recherche artistique donne des couleurs au noir | Interview #035

Ongles démesurés, coiffe monumentale et précision millimétrée : plongez dans l’univers fascinant où Julien devient Patchouli pour transcender ses limites, l’éphémère.

Tu as déjà ressenti cette petite voix intérieure qui te pousse à explorer de nouveaux territoires créatifs, mais que tu n’oses pas encore suivre pleinement ?
C’est l’histoire fascinante de Julien, artiste aux multiples facettes qui navigue depuis plus de 30 ans dans le monde du spectacle et de l’art. Employé de commerce le jour, il cultive parallèlement sa passion artistique depuis l’enfance.
Et ce n’est que récemment qu’il a osé franchir une nouvelle frontière en devenant la drag queen Patchouli, sa persona drag queen née d’un simple défi entre amis.

 

Dans ce podcast : au-delà des genres, la Drag queen Patchouli nous dévoile son processus créatif unique

  • RÉVÉLATION sur comment un simple défi d’anniversaire peut ouvrir une nouvelle dimension de soi,
  • Le POUVOIR de l’éphémère comme source de beauté et de sens : “Ce qui est beau dans la création, c’est l’éphémère, c’est ce qui le rend précieux“,
  • Comment Julien transforme ses angoisses existentielles en beauté à travers son art et son personnage de corbeau,
  • Ses réflexions et approches pour se créer un univers artistique cohérent : de l’arbre de mots aux références culturelles intégrées,
  • Costumes, maquillage, accessoires
  • Le secret pour habiter véritablement un personnage au-delà du simple costume,
  • Comment explorer cette zone mystérieuse “ni homme ni femme” pour découvrir “ce qui est beau dans les deux”,
  • L’importance cruciale pour Julien de donner du SENS à chaque création pour qu’elle résonne profondément,
  • Le message ultime de Julien pour tous ceux qui hésitent encore : “La vie est courte, alors…

Cet épisode est fait pour toi si :

  • Tu sens qu’une part de ta créativité attend encore d’être pleinement exprimée,
  • Tu es fasciné par la transformation comme chemin d’épanouissement personnel,
  • Tu cherches à donner plus de sens et d’authenticité à tes projets créatifs,
  • Tu as besoin d’inspiration pour oser vivre tes passions sans plus attendre.

 

 

Je te propose ce résumé de la discussion avec Patchouli –

Quand Julien Lenzi fait vibrer la drag queen Patchouli

Dans cet épisode captivant, je t’invite à découvrir Julien Lenzi, alias Patchouli, une drag queen dont le parcours artistique révèle bien plus qu’une simple performance scénique.
À 41 ans, employé de commerce, et une passion dévorante pour les arts.

Julien nous dévoile comment sa quête d’authenticité et d’alignement l’a conduit à embrasser pleinement cette facette de lui-même.
Une aventure qui a commencé comme un défi entre amis et qui s’est transformée en véritable révélation personnelle.

« J’ai ressenti de l’alignement aussi. C’est-à-dire qu’il y a une chose, il y a le costume, le maquillage, et puis il y a comment on habite ce personnage-là. »

Julien, la drag queen Patchouli
Julien, la drag queen Patchouli

Une passion artistique née dans l’enfance

Dès son plus jeune âge, Julien a senti que l’art faisait partie intégrante de son être.
Tout a commencé simplement, avec des livres Disney illustrés que sa mère lui achetait et qu’il s’amusait à reproduire. Ce talent précoce lui procurait un plaisir immense, renforcé par les encouragements de son entourage.

Sans le savoir, ces premières expériences artistiques posaient les jalons d’un parcours créatif qui s’étendrait tout au long de sa vie. Julien a exploré différentes formes d’expression artistique, toujours avec cette même passion et ce souci du détail qui le caractérisent aujourd’hui dans sa drag queen Patchouli.

Le parcours artistique de Julien Lenzi passe par la photo, avec l’exploration du mouvement du corps (des pauses long, du contraste noir et blanc) ; aussi illusionniste et mentaliste sur scène.

La naissance de Patchouli : un anniversaire transformateur

Ce qui fascine dans le parcours de Julien, c’est comment Patchouli est née d’une simple suggestion amicale. Pour ses 40 ans, son ami drag queen KaraMâle lui a lancé un défi :

« Écoute, tu m’en parles tellement, tu es tellement passionné, tu as tellement un regard pertinent, il faut que tu testes. »

Cette soirée d’anniversaire s’est transformée en véritable événement, avec 40 amis présents pour ses 40 ans, tous jouant le jeu du drag à différents degrés de réussite.
Pour sa première performance, Julien a choisi d’interpréter « Voilà » de Barbara Pravi, une chanson aux paroles particulièrement significatives : « Voilà, voilà, voilà qui je suis, me voilà même si, c’est ma gueule, c’est mon crime, voilà tant pis. »

Ce moment de vulnérabilité et d’expression devant ses proches a marqué le début d’une nouvelle aventure qu’il n’avait pas anticipée !
La magie de cette première transformation l’a convaincu de poursuivre cette exploration identitaire et artistique.

Un nom chargé de symboles

Une longue recherche avec son compagnon : je voulais quelque chose doux-amer. Plusieurs idées émergent comme Amanda, Amande
Et un jour, alors que je me parfume avec du patchouli, mon compagnon me suggère ce nom.

Le choix d’un nom de scène n’est jamais anodin, et celui de Patchouli révèle la profondeur de la réflexion de Julien :

« J’adore l’odeur du patchouli et ça me plaisait d’avoir le nom d’une plante. Je trouve qu’à l’oreille c’est très délicat, et surtout c’est une odeur souvent qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on ne peut pas être indifférent à cette odeur donc cette symbolique me plaisait. Elle est très associée au spirituel parce qu’on la retrouve dans toutes les branches du bouddhisme aussi. »

Cette dualité – être aimé ou détesté, sans indifférence possible – reflète parfaitement l’essence du drag : un art qui provoque, qui questionne, qui ne laisse personne indifférent.
De plus, la dimension spirituelle associée à cette plante ajoute une profondeur supplémentaire à son personnage, dépassant la simple performance pour toucher à quelque chose de plus transcendant.

Donner du sens à l’éphémère

L’art du drag est par nature éphémère, comme le souligne Julien en citant Thomas Joly à propos de la cérémonie des JO : « Ce qui est beau dans la création c’est l’éphémère, c’est ce qui le rend précieux, c’est ce qui le rend pertinent. »

Cette notion d’éphémère résonne particulièrement avec son look corbeau (que j’ai vu pour la première aux soirée Folle de Rage à Montpellier, qui explore justement l’angoisse de la finitude : « Je suis en grosse angoisse de la mort. Et je me suis dit que d’incarner un oiseau qui est souvent associé à cette notion-là, c’était peut-être un petit peu une façon d’exorciser ça. »

Le Cordeau, Drag queen Patchouli à Folle de Rage, Montpellier
Le Corbeau, Drag queen Patchouli à Folle de Rage, Montpellier

Le drag devient ainsi un moyen de transformer les angoisses en beauté, de donner forme et sens à ce qui nous trouble profondément. C’est cette dimension cathartique qui fait de cet art bien plus qu’un simple divertissement.

La drag queen est en elle-même éphémère.

L’art du détail poussé à l’extrême

Ce qui distingue Patchouli, c’est son attention méticuleuse aux détails. Chaque apparition est pensée comme une œuvre d’art totale, où rien n’est laissé au hasard. Des ongles sur mesure créés par Nail Destroyer (Bordeaux) (découvert grâce aux créations réalisées pour Moon lors de la saison 2 de Drag Race) aux coiffes monumentales qu’il fabrique lui-même.
La coiffe du corbeau a été réalisée par Julie Chauvet Paris.

Le Cordeau, Drag queen Patchouli à Folle de Rage, Montpellier
Le Cordeau avec sa coiffe, Drag queen Patchouli à Folle de Rage, Montpellier

Pour mon troisième personnage (bientôt dévoilé), c’est encore tout un autre univers en perspective :
« La coiffe était faite à la nécessité, plus de 20 heures de travail. Il y a beaucoup de choses dessus. »

Son processus créatif est tout aussi fascinant.
Pour concevoir un look, Julien part d’un arbre de mots et d’inspirations, avant de chercher des références artistiques.
Son look “corbeau”, par exemple, est né d’une multitude d’influences : son angoisse personnelle face à la finitude, des références à des créateurs comme Jean-Paul Gaultier et Thierry Mugler, mais aussi Vivienne Westwood. Cette approche méthodique témoigne d’une culture artistique et mode impressionnante, mise au service d’une expression authentique de soi.

Le Cordeau, Drag queen Patchouli à Folle de Rage, Montpellier
Le Cordeau, Drag queen Patchouli à Folle de Rage, Montpellier

La précision de son maquillage illustre également ce souci du détail : « Le trait blanc, il fait quoi ? Il y a un centimètre et demi entre le creux de l’œil et le milieu de l’œil. »
Cette maîtrise technique n’est pas innée et s’est développée progressivement, révélant sa capacité d’apprentissage et de perfectionnement.

Au-delà du genre : une exploration des frontières

L’une des dimensions les plus intéressantes de Patchouli est sa relation au genre. Contrairement à certaines idées reçues sur le drag, Julien explore une zone intermédiaire, ni tout à fait masculine, ni tout à fait féminine :

« Je me sens quand je suis en Patchouli je me sens ni garçon ni fille parce que j’explore la limite des deux en fait, ou la frontière, ou en tout cas ce qui fait ce qui est de beau dans les deux. »

Cette exploration transcende les catégories binaires pour atteindre quelque chose de plus universel : la beauté qui existe au-delà des étiquettes. C’est cette capacité à dépasser les normes établies qui fait du drag un art profondément libérateur, tant pour l’artiste que pour ceux qui le regardent.

Un militantisme par l’exemple plutôt que par le combat : secouer un peu la ruche

Quand j’aborde avec Julien la question du militantisme LGBT, sa réponse révèle toute la subtilité de sa démarche. Il prend le temps de réfléchir avant de me répondre, nuançant cette notion même de “militant” :

« Ça dépend ce qu’on entend par militant. Dans le sens, il y a des personnes qui sont très réactives par rapport à un propos qu’on peut entendre, etc. Et qui vont rapidement aller dans la rue ou… dans la réflexion. »

Pour Julien, l’activisme peut prendre des formes plus douces et tout aussi puissantes. Il préfère s’inscrire dans une démarche d’incarnation plutôt que de confrontation :

« Je m’affiche rarement. Je pense que ça fait partie du message. C’est-à-dire que le soleil, il est jaune, il brille, et puis il y a la chaleur qui l’envoie. Déjà, si je brille, et que ça inspire d’autres personnes à s’assumer ou à aller plus loin dans les choses qu’elles pensent les plus folles… »

Cette image du soleil qui rayonne naturellement illustre parfaitement sa philosophie : l’exemple silencieux mais lumineux plutôt que le discours militant frontal. Une approche qui s’exprime à travers son art méticuleux :

« Je pense que proposer quelque chose de pensé jusqu’au bout des ongles, c’est le cas de le dire, ça ne peut qu’ouvrir à la discussion et à la réflexion. »

Son coming out, réalisé il y a plus de 20 ans, s’inscrit dans un parcours qui n’a pas été sans obstacles. Avec une sincérité touchante, il reconnaît : « Ça n’a pas été simple. » Mais ce qui transparaît aujourd’hui, c’est surtout l’espoir qu’il place dans l’évolution des mentalités :

« On dit qu’on en parle trop, on dit qu’on le voit trop, mais je crois que c’est en rendant visible qu’on rend normal. Et du coup, je crois que les générations d’aujourd’hui auront peut-être un petit peu plus de facilité à faire leur coming out que ce que nous, on a eu. Et nous, on a eu un peu plus de facilité, sans doute, que la génération d’avant aussi. »

Cette réflexion historique montre sa conscience des progrès accomplis et son optimisme mesuré pour l’avenir. Pour lui, les combats les plus durs se jouent souvent dans l’intimité, avant même la déclaration publique :

« C’est pas le coming out qui a été le plus douloureux, c’est l’avant. Vivre dans le secret, cacher. C’est tout ce qui s’est fait les quelques années avant de l’adolescence où on commence à voir que t’es pas tout à fait dans la norme. Et jusqu’au moment où tu dis : ‘Ouais, bon, ok, mais laissez-moi tranquille.’ »

Et c’est là que sa sagesse émerge pleinement, quand il conclut : « Après, c’est un autre combat. Une fois que tu sais qui tu es, du coup, tu sais où marcher. En tout cas, tu as deux pieds pour tenir. »

Cette métaphore des “deux pieds pour tenir” résume très bien ce que Patchouli représente pour Julien : un équilibre trouvé, une stabilité conquise après des années de questionnement.
Sa drag est plus qu’un personnage, c’est l’expression d’une authenticité enfin assumée qui, par sa simple existence, contribue à élargir l’espace des possibles pour d’autres.

Un message universel d’authenticité

Si Patchouli a trouvé sa voie dans le drag, son message résonne bien au-delà de cet univers spécifique. Il nous invite tous à être pleinement nous-mêmes, sans hésitation :

« C’est peut-être un peu naïf : soyez qui vous êtes, allez au bout de vos rêves. N’hésitez pas, n’hésitez pas. Je crois que j’ai passé un cap dans mon expérience de vie où je me dis, il ne faut plus hésiter, il faut y aller. La vie est courte, alors… go ! »

Cette exhortation à l’authenticité et à l’audace touche à l’universel. Que l’on soit dans le monde artistique, entrepreneurial ou personnel, le message est le même : la vie est trop brève pour ne pas oser être pleinement soi-même et poursuivre ses passions.

L’aventure de Julien, Patchouli nous rappelle que nos différentes facettes ne sont pas contradictoires mais complémentaires. Employé de commerce le jour, artiste drag la nuit, il démontre qu’il est possible d’intégrer harmonieusement différentes dimensions de soi dans une vie épanouissante et alignée.

Tu peux suivre l’évolution artistique de Patchouli sur son compte Instagram (@patchouli_drag) et découvrir les prochaines dates de ses performances.

Et toi, quelle partie de toi attends encore d’être pleinement exprimée ? 😉
Qu’est-ce qui te retient d’aller au bout de tes rêves ?

Transcription du podcast

Créer un podcast avec ta présence et nous partager justement ton parcours. Parce que tu viens du milieu du spectacle, de l'art. Ça fait plus de 30 ans maintenant que tu es en rapport avec le public, la scène, etc. D'autres formes d'art, tu vas nous en parler également. Et puis, il y a une dimension vraiment culturelle, artistique chez toi que tu as étudiée. et on le ressent je trouve dans ton comment tu performes ta drag queen patchouli et qu'est-ce que je vais ajouter et puis c'est très récent pour toi le côté drag queen tout est parti d'une blague avec un ami une blague, un défi un petit coup de pouce peut-être de la vie que tu nous partages un peu tout ça. Oui, avec plaisir. Est-ce que tu peux nous dire qui tu es, s'il te plaît? Qui je suis? Est-ce que tu as trois heures devant toi? Alors, à la ville, je m'appelle Julien, j'ai 41 ans, je suis employé de commerce. J'ai très vite senti enfant que j'avais besoin de ça. Bêtement, ma mère m'a acheté des livres Disney illustrés et j'ai très vite reproduit les dessins. J'ai commencé par ça et ça me procure un plaisir immense. Je n'identifie pas du tout ce plaisir, je ne savais pas vers où ça allait me mener. Mais j'aimais faire ça et en plus on me disait « tu dessines bien, c'est joli », donc c'était encourageant. patchouli parce que alors nos spectateurs n'ont pas l'odorama mais cette odeur je l'aime et c'est ce que tu sens là j'adore l'odeur du patchouli parce que c'est une plante et que ça me plaisait d'avoir le nom d'une plante je trouve qu'à l'oreille c'est très délicat et surtout c'est une odeur souvent qu'on aime ou qu'on n'aime pas on peut pas être indifférent à cette odeur donc cette symbolique me plaisait elle est très associée au spirituel parce qu'on la retrouve dans toutes les branches du bouddhisme aussi oui d'ailleurs il y en a souvent dans les encens Je crois que c'est Thomas Joly qui disait ça à propos de la cérémonie des JO ou de la flamme que certains ont demandé de garder de façon permanente à Paris. Il a dit non mais ce qui est beau dans la création c'est l'éphémère, c'est ce qui le rend précieux, c'est ce qui le rend pertinent. Et je crois qu'il a tout à fait raison parce que tu retrouves, toi qui nous écoutes, sur la page de l'article de cette interview, sur homo-heureux.fr, et ainsi que sous la vidéo, dans la description du podcast, les différents liens qui te mèneront à Patchouli, donc la page Instagram, ton site web si tu veux, les différentes ressources. que tout est parti d'une boutade, d'une demi-blague avec un ami. Oui. En fait, tout à l'heure, je te disais qu'enfant, je ne réalisais pas pourquoi j'avais cet attrait pour l'art. En fait… Une blague, je ne sais pas si c'est le mot, mais en tout cas comme un petit défi où mon ami Kara Mâle, que certains connaissent peut-être, m'a dit, écoute, tu m'en parles tellement, tu es tellement passionné, tu as tellement un regard pertinent, il faut que tu testes. Je me disais, mais moi... écoute le maquillage je le gère c'est le plus long effectivement c'est ce qui est le plus technique, le look j'ai rien à t'apprendre t'as vraiment bon goût, t'as une culture mode aussi donc ça tu vas gérer, tu vas le faire très facilement avec un grand plaisir mais pour tes 40 ans faut qu'on fasse quelque chose ok donc on a fait une soirée drag ce qui est formidable c'est que j'avais 40 amis pour mes 40 ans tout le monde a joué le jeu. Même ceux qui ne sont pas forcément drag. Il y avait plus ou moins de réussite. Mais l'attention était là et c'était incroyable d'avoir tous ces amis autour de moi pour ce que je ne savais pas être le démarrage d'une nouvelle aventure. Qu'est-ce que tu as vécu du coup lors de ce premier maquillage? J'imagine première transformation? Pour cette marque que tu continues? Tu vis ce moment-là, ça te marque. Mais de là, maintenant, à sortir en public et à tirer ce fil, il se passe un truc, j'imagine. En fait, j'ai choisi ce soir-là de faire une performance sur « Voilà » de Barbara Pravi. Oui. C'est ça. Donc j'ai préparé cette performance, ce lip-sync, et en le présentant, en le préparant c'est une chose, et quand tu le présentes à des proches en plus, et où tu dis voilà, voilà, voilà qui je suis, me voilà même si, c'est ma gueule, c'est mon crime, voilà tant pis. J'ai... C'était il y a à peu près un mois et demi, quelque chose comme ça. Et puis tu étais donc grande, avec une très grande coiffe de plume. Et je me suis dit : « C'est abouti! » Et puis j'ai ressenti de l'alignement aussi. C'est-à-dire qu'il y a une chose, il y a le costume, le maquillage, et puis il y a comment on habite ce personnage-là. qui a une boutique en ligne qui s'appelle Nail Destroyer, qui est à Bordeaux, et à qui j'ai commandé quelque chose de l'ordre de la créature. Je lui ai dit, j'ai de l'argent. C'est 100% personnalisé? C'est unique, ça? Ça, c'est sur mesure, c'est unique. On mettra le lien de cette personne qui crée ça, parce que c'est vraiment incroyable. Elle avait fait, j'avais découvert son travail à la finale de la saison 2 de Drag Race, elle avait fait les ongles de Moon. D'accord. Et j'ai vu en photo les ongles de Moon, j'ai dit, waouh! La couronne, tu vois, c'est Sacha Velour. Le côté chauve aussi, parce qu'évidemment, je n'ai pas que des références hors drague, j'ai des références drague aussi. Sacha Velour est pour moi une des plus incroyables dragues du monde, parce qu'elle raconte des choses, elle a vraiment un regard tellement précis, une esthétique tellement incroyable. Donc voilà, ça c'était... non c'est pas genré en tout cas c'est pas genré le public peut me genrer comme il veut d'ailleurs moi je je me sens quand je suis en patchouli je me sens ni garçon ni fille parce que j'explore la limite des deux en fait ou la frontière ou en tout cas ce qui fait ce qui est de beau dans les deux homo ou en tout cas LGBT, je sais pas. Tôt, très tôt en tout cas. Pour ta famille, c'était une évidence, c'était facile ou il a fallu quand même un processus de coming out? Ça n'a pas été simple. Moi, j'ai fait mon coming out il y a plus de 20 ans maintenant. Donc, je crois qu'on a passé un cap pour les générations d'aujourd'hui où sans doute... On dit qu'on en parle trop, on dit qu'on le voit trop, mais je crois que c'est en rendant visible qu'on rend normal. Et du coup, je crois que les générations d'aujourd'hui auront peut-être un petit peu plus de facilité à faire leur coming out que ce que nous, on a eu. Et nous, on a eu un peu plus de facilité, sans doute, que la génération d'avant aussi. Mais ça n'a pas été forcément très simple. Il a fallu que tout le monde... digère un petit peu et voilà. Mais c'est pas le coming out qui a été le plus douloureux, c'est l'avant. Donc vivre dans le secret, cacher. Oui, parce que moi j'ai fait mon coming out à 18 ans et c'est en fait, c'est tout ce qui s'est fait les quelques années avant de l'adolescence où on commence à voir que t'es pas tout à fait dans la norme. Et jusqu'au moment où tu dis : "Ouais, bon, ok, mais laissez-moi tranquille." Après, c'est un autre combat. Une fois que tu sais qui tu es, du coup, tu sais où marcher. En tout cas, tu as deux pieds pour tenir. Tout à fait. peut-être dans les convictions, dans les messages que j'ai, dans ma façon d'être. Mais je ne suis pas militant dans le sens combatif. Je m'affiche rarement. Tu es militant LGBT? Ça dépend ce qu'on entend par militant. Dans le sens, il y a des personnes qui sont très réactives par rapport à un propos qu'on peut entendre, etc. Et qui vont rapidement aller dans la rue ou… dans la réflexion. Je pense que ça fait partie du message. C'est-à-dire que le soleil, il est jaune, il brille, et puis il y a la chaleur qui l'envoie. Déjà, si je brille, et que ça inspire d'autres personnes à s'assumer ou à aller plus loin dans les choses qu'elles pensent les plus folles... Je crois que proposer quelque chose de pensée jusqu'au bout des ongles, c'est le cas de le dire, ça ne peut pas... couvrir à la discussion et à la réflexion donc on va tenter de continuer comme ça et justement puisqu'on parle de continuer tu te vois maintenant faire des scènes régulièrement comment tu vois j'aimerais bien après travailler dans le commerce ça veut dire travailler aussi une partie du week-end c'est-à-dire le samedi oui Tout est en négociation entre le travail, la possibilité d'eux. Et ça arrive. Il y a des choses qui arrivent. Donc tout ça, on a les infos sur ton compte Instagram, c'est ça? Oui, oui. Il y a d'autres endroits où on doit aller voir pour te suivre, trouver ton arme? Pour Patchouli, c'est Instagram. Ok. Voilà. Patchouli underscore drag. On te sent, il y aura les liens, bien entendu, sous les vidéos, etc. Je vis pour être cette personne-là, sans me poser de questions. Oui. Et si je parle de ça, il y a une dimension... Parce que dans ta vie, on comprend qu'il y a une grande dimension au spectacle, de l'art, etc., de la scène. Et souvent, c'est associé à des clichés. C'est beaucoup d'homo, c'est beaucoup de gens efféminés, etc. Est-ce que ça, c'est quelque chose, à un moment donné, qui t'a freiné d'une manière ou d'une autre? Ah oui, non, je ne peux pas aller trop là-dessus, parce qu'on va dire... Ça va amplifier des côtés de chez moi où je n'ai peut-être pas forcément encore la confiance? Non. Non. Parce que là, le trait blanc, il fait quoi? Il y a un centimètre et demi entre le creux de l'œil et le milieu de l'œil. Je veux dire, pour réussir à faire ça aussi fin et aussi net... Il ne faut pas trembler. Il ne faut pas trembler. Mais ça vient petit à petit. Au début, ce n'était pas aussi précis. Et sans doute que tout est perfectible, évidemment. Mais justement, Vincent, puisqu'il s'appelle Vincent, me disait à la dernière Folderage... Parce qu'on n'est pas au bout de 17 ans toujours ensemble dans toutes les aventures qui nous occupent. Non mais je pense, si je pose la question, c'est que souvent, et mon référenceur c'est l'entrepreneuriat parce que c'est mon métier, à côté d'homo-heureux, mon métier c'est d'accompagner les entrepreneurs. à m'exposer je suis en fait et je crois que dès lors que la liberté des hommes commence là où s'arrête celle des autres bon ben moi je respecte la liberté des autres parce que je connais mes limites aussi c'est pour ça qu 'on est accepté en fait je fais un parallèle il vaut ce qu'il vaut mais Je veux dire... Mais il y a beaucoup de sujets de société comme ça qui sont épuisants parce qu'ils sont stériles. Ils sont stériles. Moi, je pense même qu'ils sont organisés pour amener notre attention sur ces points-là pour ne pas qu'on s'occupe du reste en ce temps-là. Écoute, je ne sais pas. La politique, c'est encore un autre sujet. Ça marche. Mais pour moi, tu vois, est-ce que c'est politique ou est-ce que c'est un sujet philosophique? Parce que moi, une de mes... non ça n'aurait pas de sens ok c'est intéressant cette dimension de sens qui revient dans toute ta lecture et comment tu fais ton art je dirais même vivre parce que je dis faire mais vivre même oui parce que parce que moi au travail tout le monde sait que je me suis un petit peu lancé là dedans dans mon entourage aussi donc c'est pas quelque chose que je cache mais par contre oui c'est fait pour avoir du sens et c'est pour ça que je veux aussi accepter cet échange c'est parce que Je crois que c'est intéressant de pouvoir parler de cet art, de pourquoi dans une vie, de ce que j'ai envie de dire moi par rapport à une autre drague. Voilà. Excellent, magnifique. Je pense qu'on va arriver sur la fin de cette discussion, mais est-ce qu'il y a, par exemple, quelque chose qui était particulièrement difficile dans cette approche de drague pour toi? Je n'avais pas encore trouvé le sens de tout ça. Là, ça y est, j'ai le sens. Et puis après, il y a quelque chose à dire, quelque chose à faire. Comme le look corbeau qui est la quintessence de plein de références que j'ai. Je suis un... et je crois que je lui dois ce goût du détail parce que j'ai tellement admiré justement la façon dont elle a eu de mener sa carrière et qu'elle mène toujours dans le détail. Je crois que je lui dois ça. Dans ce look corbeau, il y a toutes ces références-là, il y a aussi un peu cette angoisse de la finitude, je suis en grosse angoisse et de la mort. Et je me suis dit que d'incarner un oiseau qui est souvent associé à cette notion-là, c'était peut-être un petit peu une façon d'exorciser ça. Oui, ça marche bien avec l'aspect éphémère. Après, ça marche bien avec l'aspect éphémère aussi. Nous ne sommes que locataires de la Terre. Et puis, je suis un passionné de mode dans ce corbeau. C'était facile d'y mettre du Jean-Paul Gaultier et du Thierry Meugler que j'adore. Donc, c'est impeccable. Magnifique. Je n'arrive pas à le nommer... Vivian Westwood aussi avait travaillé là-dessus à une époque. Donc on est vraiment parti dans cette idée de... Moi au départ, je n'avais pas du tout ça comme idée. Puis quand je lui ai expliqué un petit peu le look, les lignes, etc., elle m'a dit non, il faut quelque chose de graphique, quelque chose qui donne une dynamique. Et c'est elle qui a eu l'idée de la crête. Il y a quelque chose d'un peu imposant aussi, de cette coiffure. D'un petit peu imposant, oui. Il faut, parce que comme pour l'instant, je n'ai pas le souhait de mettre des perruques, il faut qu'il y ait quelque chose de l'ordre de l'objet. Presque une dimension même... Je ne me prends rien de mal. Tu es un peu militaire. Ça me rappellerait un peu les coiffes des grands colonels ou des... largement de tout le monde mais la prochaine tenue la coiffe sera incroyable aussi elle sera très haute et peut-être encore plus haute et je ne sais pas si je passerai là ici d'ailleurs ah oui à ce point là? Et une fois que j'ai mon arbre comme ça de mots, j'ai mes inspirations et je vais fouiller. Donc, ça va partir sur des couleurs, sur les cinq sens, vos sombros d'eau? Surtout. Et puis après, je vais aller chercher des références artistiques. Enfin, le corbeau, c'est allé assez vite. Donc, tu as le corbeau sur Google, par exemple, et puis tu… Et puis après, tu as un créateur déjà en tête et puis tu additionnes les deux. Oui, je crois que j'ai assez de références déjà en moi et de cultures larges pour que ça fuse assez rapidement. Et puis après, il faut trouver les choses. Alors, on va partir dans une idée précise. Et puis quand on va chercher, on va trouver autre chose. On va dire « Ah non, c'est mieux ». Oui, parce que tu évoquais justement, tu as fait appel à une créatrice pour les ongles, quelqu'un pour la coiffe, puis d'autres coiffes apparemment qui vont arriver. Oui. C'est moi qui l'ai faite à la nécessité, plus de 20 heures de travail. Il y a beaucoup de choses dessus. Il y a une chose entre l'imaginer et le poser sur un schéma et de la réaliser. Des fois, on a une idée, mais physiquement, ça ne marche pas parce qu'on n'avait pas anticipé une autre difficulté. Non, peut-être, c'est peut-être un peu naïf, mais soyez qui vous êtes, allez au bout de vos rêves. N'hésitez pas, n'hésitez pas. Je crois que j'ai passé un cap dans mon expérience de vie où je me dis, il ne faut plus hésiter, il faut y aller. La vie est courte, alors... go! être congruent justement et vivre l'enthousiasme son enthousiasme jusqu'au bout magnifique parfait écoute merci ça fait une belle conclusion je crois merci en tout cas pour ton accueil encore je suis vraiment très touché parce que tu t'es préparé exprès pour ce podcast donc on te retrouve sur ton Instagram c'est ça? pour la suite des aventures des dates arrivent C'est pas possible. Ou alors de look de soirée. Oui, voilà, on verra. Je ne sais pas encore comment ce sera la prochaine. Ça marche, ça marche. Oui, oui, tranquille. Merci à toi encore. Oui, merci. Merci de nous avoir regardés ici. Je t'invite même à mettre des commentaires, des questions, etc. à notre très cher Patchouli.

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